En route pour le Liban !

par samouch

      A seulement quelques heures du grand départ, j’ose enfin franchir le pas et rédiger la page de garde de ce qui constituera mon « carnet de voyage » (ou, dit plus sobrement, mon « blog de 3A ») durant ce long séjour à Beyrouth. Long, il le sera sans doute puisque j’y resterai entre dix à douze mois, mais j’ai l’intime conviction que le temps d’un tel voyage ne s’énumère pas en mois, ni en semaines, ni même en jours écoulés ; seules compteront les rencontres que j’y ferai, car ce sont elles qui feront la valeur de mon séjour. Et, pour tout vous dire, il me tarde vraiment d’y être.

     Pour ce qui est du blog, déjà je pressens que je n’échapperai pas aux écueils classiques auxquels se heurtent ceux qui, parce qu’ils partent pour un long voyage, décident de garder une trace écrite de leurs aventures. Ces écueils, quels sont-ils ? Une tendance à dramatiser le départ, certainement, à le charger de sens, à le percevoir comme une rupture dans le cours des choses du quotidien, une rupture dont on reviendrait nouveau, totalement ébranlé. Transposés au domaine de l’écriture, ces écueils se manifesteront par une plume – ou, pour dire les choses comme elles sont, « un clavier » – parfois trop portée au lyrisme, à quoi viendra certainement s’ajouter un sentimentalisme exacerbé que certains pourraient qualifier de niais ; il faudra donc me pardonner pour l’un, puis pour l’autre, de ces défauts.

     Concernant le contenu du blog, j’essaierai de publier un article par semaine, mais il vous faudra là encore être indulgents, et parfois même patients, car les calendriers n’ont jamais été mon fort, et mes mauvaises habitudes joueront à coup sûr contre moi. Ces articles prendront probablement des formes diverses, allant de l’actualité commentée (exercice qui me déplait assez cependant) au simple billet d’humeur, en passant par des écrits qui se voudront plus « scientifiques » – car rigoureux et documentés – sur des sujets qui me tiennent à coeur tels que l’histoire, la religion, ou bien encore l’éducation (ce sera pour moi l’occasion de jouer à l’apprenti chercheur). Et puisque j’ai bon coeur, je publierai également quelques photos afin de vous rassurer quant à mon intégrité physique.

     In fine, vous l’aurez compris, ce blog a surtout vocation à rassurer les plus angoissés d’entre vous, ceux qui m’imaginent déjà revenir au bercail avec une jambe en moins et une barbe foisonnante qui trahirait de nouvelles et inquiétantes aspirations religieuses. Cela dit, vous pouvez avoir l’esprit tranquille car:

Non, je n’arriverai pas en retard à l’aéroport et ne raterai pas mon vol pour Beyrouth ;
non, je n’oublierai pas mon passeport dans la poche de l’un de mes pantalons resté chez moi ;
non, je ne compte pas m’engager comme « soldat de Dieu » auprès du Hezbollah ;
non, je ne profiterai pas du fait que le Liban est le premier pays consommateur de chirurgie esthétique au monde pour assouvir mon désir intime de changer de sexe (adieu le bonnet D dont je rêve depuis toujours) ;
non, je ne compte pas mourir là-bas, comme disent les plus inquiets – névrosés ? – d’entre vous. Puis si je meurs, cela n’aura pas été de ma faute, il ne faudra pas trop m’en vouloir ; il paraît même que ces choses là sont naturelles, et n’arrivent pas qu’au Liban, et qu’au final personne n’y coupe, alors bon.

Oui, je serai malgré tout prudent et vous donnerai des nouvelles régulières.

   Pour conclure cette trop longue introduction, j’aimerais me permettre une ultime coquetterie, et dédier ce modeste blog à ceux vers qui mes pensées iront au moment du départ:

A ceux qui ont été pour moi de véritables professeur(e)s, à mes « Insupportables » qui déjà me manquent, à ceux de ma famille que j’abandonne lâchement le temps de mon séjour, – et à ma mère, qui je crois est un peu de tous ceux-là.

Maintenant, direction Beyrouth, enfin !

P.S. : Dans un prochain article, il me faudra revenir sur le titre que j’ai donné à ce blog, sans quoi il laissera perplexes ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ma ville (« Un « Livryen », mais c’est quoi ce machin ? Puis quel rapport avec le Liban ? »). Je pense que j’en terminerai la rédaction dans l’avion, je n’ai malheureusement pas le temps avant cela car je dois boucler ma satanée valise. Arg !

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